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Le Pardon

Cher Pardon, qui es-tu, d'où viens-tu, à quoi sers-tu ?

· Développement personnel

Vous êtes de plus en plus nombreux à me poser la question suivante : comment fait-on pour pardonner ? Et c'est une très bonne question, à laquelle il me semble d'ailleurs difficile de répondre en seulement quelques lignes.

Déjà, le Pardon qu'est-ce que c'est ?

D'après la définition du dictionnaire, c'est l'action de pardonner, le fait de solliciter l'indulgence de quelqu'un suite à une faute commise, ou encore de procéder à l'absolution de cette dernière.

Il semble parfois inenvisageable d'accorder son pardon, pas vrai ? La souffrance endurée souvent vive s'enracine dans les profondeurs de notre âme blessée, laissant en elle des traces indélébiles et nous faisant craindre d'avoir mal à nouveau. Combien de fois nous sommes nous convaincus que cette fois-ci, nous n'accepterions pas, parce que cette fois-là serait de trop ? Et pourtant, combien de fois avons-nous été capables de passer au-dessus, de lâcher prise, d'accepter, pour enfin transcender ?

Le Pardon me semble indispensable si nous souhaitons grandir et évoluer. Pardonner, c'est se libérer de ses chaînes, de ses ruminations, de ses colères, de ses pensées obsessionnelles. Pardonner, c'est décider d'avancer, de ne pas se laisser manger tout cru par l'absurde volonté d'anéantir toute forme d'amour et de compassion. On peut pardonner aux autres mais on peut surtout se pardonner soi-même. C'est d'ailleurs le travail le plus long, le plus fastidieux et le plus difficile.

Quelles sont les étapes du Pardon ?

D'après Nicole Fabre et Gabrielle Rubin, il en existe sept.

  1. Décider de ne plus souffrir : dire stop à la violence subie. Prendre ses distances, physiques ou émotionnelles, afin de reprendre ses moyens et cesser de souffrir.
  2. Reconnaître que la faute existe : reconnaître l'agresseur comme tel et de fait, reconnaître l'agression subie. Légitimer sa place de victime pour enfin s'autoriser à revivre.
  3. Exprimer sa colère : en reconnaissant sa souffrance, il semble indispensable d'avoir l'espace de pouvoir l'exprimer. L'agressivité, la colère, parfois même la haine, peuvent être des émotions nécessaires à l'évacuation des souffrances. S'il nous est impossible de s'adresser directement à notre agresseur, servons nous de moyens d'expression en tout genre (lettre, peinture, danse, dessin...). Cela permet aussi d'éviter l'auto-destruction.
  4. Cesser de se sentir coupable : se disculper, se déresponsabiliser. Parfois, il nous est indispensable de prendre conscience que ne sommes pas toujours responsable.
  5. Comprendre celui qui nous a blessé : tenter de comprendre les motivations du coupable, son histoire, ses croyances, ses limites, ses faiblesses. Une façon pour nous de rendre l'agression plus "tolérable", plus audible et lisible pour notre âme
  6. Prendre son temps : rien ne presse. Pardonner ne signifie pas oublier, excuser, passer l'éponge. Quand le moment sera venu, cette étape s'imposera d'elle-même.
  7. Redevenir acteur de sa vie : ne plus subir, se remettre dans l'action, dans le mouvement de la vie. Vivre l'instant présent cette fois-ci tourné vers l'avenir, et ne plus tant alimenter le passé.  

Et demander pardon alors, on en parle ?

Pourquoi nous est-il si difficile de demander pardon ? Qu'en pensez-vous, pour vous aussi ? Personnellement, ça va quand même beaucoup mieux à ce niveau là mais c’est incroyable comme je partais de loin ! Je possédais de nombreuses idées reçues sur le Pardon et alors je ne vous parle même pas de la potentialité de s’excuser et, dans un second temps, de demander pardon !

Les stratégies de fuite farfelues couramment utilisées :

  • « Mais je ne l’ai pas fait exprès ! Mais enfin c’est vrai quoi, je n’ai pas fait exprès d’oublier la date de ton anniversaire, je n’ai pas fait exprès de te claquer la porte au nez et alors je n’ai clairement pas fait exprès de me moquer de toi ou de juste faire comme si tu n’existais pas. Non, je t’assure que non. Ce n’était pas volontaire (ou du moins, pas totalement - ça annule l’effet non ? ».

-> Refus de la prise de responsabilité (ou communément appelé "mauvaise foi") quand tu nous tiens… Oui, c’est fou comme parfois, il peut nous être compliqué de reprendre ce qui nous appartient et en l’occurrence, nos comportements inopportuns ou nos dérapages non contrôlés.

  • « Ah bon, j’ai fait ça moi ? Je t’ai dit ça ? Co… Co, quoi ? Non ! Jamais. Je ne parle pas comme ça enfin !

—> L’oubli est une ruse, une ruse sans queue ni tête certes mais une bonne ruse tout de même. Flâner l’oubli peut être intéressant pour celui ou celle qui a encore beaucoup de mal à demander pardon. Mais rassurez-vous, combien sommes-nous dans cette situation ?

  • « En même temps qu’est-ce que tu veux ? Tu n’as qu’à faire davantage attention à comment tu lui changes sa couche ! Non, non je sais très bien de quoi je parle, en revanche, toi, tu es complètement à côté de la plaque et ça a bien le mérite de m’énerver. Oui ! Oui ça me met en colère de voir que tu le badigeonnes de m**** ! On essuie les fesses comme ça, voilà ! »

—> Ah la colère, on en parle ? Très généralement nécessaire (ce n’est pas moi qui dirais le contraire), elle nous pousse parfois à dire et adopter des comportements tout bonnement irrecevables pour notre interlocuteur.

  • « Non, tout va très bien. Je dors sur le canapé ce soir. Non, je te dis que tout va très bien. »

—> Mutisme, mutisme, c’est fou comme il peut intervenir lors de disputes ou temps de crise. Le risque, c’est qu’il vous enferme et vous engloutisse tout entier dans son silence absolu. Difficile d’en sortir par la suite et d’autant plus difficile de demander pardon quand notre langue nous fait faux bond.

  • « De toute façon avec tout ce que tu m’as fait subir, tu le mérites. Tu m’as bien trompée l’année dernière avec ta secrétaire ? Bon et bien je n’ai rien oublié. Je n’oublierai jamais. Alors ne la ramène pas, si j’ai envie de te traiter de tous les noms parce que tu as oublié d’acheter du papier toilette, je le fais. On récolte ce que l’on sème, pas vrai ?

—> Le ressentiment tue, sachez-le. A petit feu, certes, mais il tue tout de même.

Quand le Pardon s'apparente à la peur

Pourquoi demander pardon est-il si compliqué ? Comment se fait-il que nous sommes capables d’innover tout un tas de stratégies d’évitement pour ne pas avoir à demander pardon ? Que représente-il ? Et de quoi avons-nous peur ?

Et bien déjà, très souvent, demander pardon à quelqu’un c’est entrer dans un processus qu’on a souvent du mal à intégrer pour nous-même.

Lorsque je demande pardon à mon homme, ma femme, mes enfants ou mes amis, je prends conscience d’avoir blessé. Prendre conscience qu’on a blessé emmène généralement dans un second temps à rendre la souffrance de l’autre comme légitime. En reconnaissant l’avoir blessé, je lui fais face, plonge mon regard dans le sien, et le regarde (c’est souvent là que les choses se corsent). Oui, faire face à l’autre, le regarder, c’est en fait se regarder soi. Très souvent, avant même que l’autre intervienne, on a déjà du mal avec cette partie de nous-même. Celle qui s’est mise en colère pour une broutille, celle qui s’est servie de l’autre comme expiatoire, celle qui n’a pas mesuré ses mots et qui les regrette à présent, celle de la mauvaise foi pour qui demander pardon signifie s’agenouiller sans raison.

Demander pardon, c’est prendre le risque d’être rejeté.

Rejeté dans sa volonté de s’excuser, rejeté dans l’expression de sa vulnérabilité.

Je me suis souviens avoir pris régulièrement l’ image (lorsque j’avais encore beaucoup de mal à pardonner et à demander pardon), de la petite fille qui s’agenouillait face à cet Autre, grand et Tout Puissant, et pour qui demander pardon était comme lui tendre un gros bâton et lui laisser un choix absurde : le jeter ou me cogner.

Ça ne donne franchement pas envie de s’excuser, hein ?

Demander pardon, finalement, c’est avant tout se l’accorder à soi.

Car comment pardonner les autres si l’on n’est pas capable de se pardonner soi ? Et comment demander pardon aux autres, s’il nous est déjà si difficile de nous le demander à nous-mêmes ?

Ainsi, comme nous le disions plus haut, sans le Pardon, il semble difficile de poursuivre le cours de notre vie. Il est une manière d’accueillir l’Autre dans toute sa singularité, tout ce qui le distingue de nous-même et surtout, de s’accueillir soi, avec conscience, compassion, bienveillance et bientraitance, dans l’amour et le respect.

Le Pardon est un acte libérateur, un acte de révolution intérieure.

Et vous, avez-vous des choses à pardonner ? Si oui, envers qui ? A quelle étape du processus en êtes-vous ?

--> Prendre conscience de tout cela, c'est redevenir acteur de sa vie et s'engager dans une dynamique de changement.

Et si on essayait la bienveillance ? Car avant de s'engager dans la merveilleuse voix du Pardon, commençons déjà par cultiver la compassion, l'indulgence, la tolérance et l'amour envers nous-mêmes.

# Le Pardon : quelques lectures recommandées #

. Peut-on tout pardonner ? d'Olivier Clerc.

. Du bon usage de la haine et du pardon, de Gabrielle Rubin.

. Mille pardons, de Guillemette de Sairigné

Maureen Mellet

Coach en relation & hypersensibilité - Love coach - Thérapeute

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