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Et si on essayait d'être indulgent avec le parent que nous sommes ?

Etre parent au quotidien, un long périple mais une vie pleine de surprises !

· Parentalité

Être parent aujourd'hui, ça met un peu la pression, non ?

Si on suit les diktats sociétaux, l'illusion d'optique des réseaux sociaux, la mère parfaite des réunions de parents d'élèves, ou ce que prônent les livres de la communication non-violente, eh ben ! on n'est pas sorti le cul des ronces, c'est moi qui vous le dis ! ;)

(Du moins, moi, j'y suis jusqu'au cou...)

Quand on est jeune (idiot ?) et innocent, il va s'en dire qu'il devient facile pour le malheureux ignorant que nous sommes, d'en mettre un peu plein la tête à nos parents. Ils auraient du faire comme ça, comme ci, pas dire ça et plutôt dire ça, surtout pas faire ça et au contraire, faire tout le temps ci !

Et puis le temps passe et un beau jour, c'est nous qui nous retrouvons sur la fameuse "ligne de mire".

Alors ça fait quoi ? ça fait quoi de se retrouver à la place des prétendus coupables, celle des parents ?

De ce que j'ai pu observer autour de moi et de ce que j'ai moi-même expérimenté, au début, on est un peu à côté de nos pompes. On se croit super fort, tellement fort qu'on finit presque par se convaincre qu'avec nous ce sera différent. Nous serons celui qui brisera la chaine transgénérationnelle, celui qui ne reproduira pas ces fameux schémas des lignées maternelles et paternelles. Celui qui, face à l'adversité que représenteront les échecs répétés de nos malheureux ancêtres, nous transcenderons, nous transmuterons. Et sans une once de prétention et d'arrogance de notre part, nous regarderons le ciel sans une commune mesure, persuadés de notre grâce et nos intimes convictions, nous penserons silencieusement :

Je suis l’Élu

Et puis le temps passera, le ciel s'assombrira et la claque (que dis-je, le cou de massue !) nous tombera sur la figure (j'exagère..., ou presque). Car le jour où nous refuserons de donner un BN à une heure du matin et que d'après les pionniers de la communication non violente, nous frôlerons le non respect des droits fondamentaux de l'enfant, alors les larmes dévasteront nos joues rougies par la honte, et la culpabilité dévorera nos entrailles !

Alors oui, pour certains d'entre nous, nos parents étaient de gros c***. Mais qu'en est-il de nous ? Serons nous si différents ?

Je me pose la question suivante : est-ce que le principe même d'être un enfant, n'est finalement pas d'avoir le luxe de reprocher à tout va ce qui ne va pas, sans avoir la moindre idée du pétrin dans lequel ses parents se trouvent ?

Devenir parent ça fait quoi ?

Pour beaucoup d'entre nous c'est un rêve, un aboutissement, un accomplissement, une merveilleuse opportunité d'agrandir les rangs. Pour d'autres, un moyen de réparer les souffrances autrefois subies, une façon de déconstruire pour reconstruire, en espérant parvenir à faire cela sur de nouvelles bases plus saines et plus solides.

Et puis il y a ceux pour qui ça sort un peu de nul part, ça donne quelque chose d'un peu vaseux et si on devait le résumer en "format littérature", ça donnerait quelque chose comme : "Bordel ! mais qu'est ce que j'ai foutu pour en arriver là ?".

Entre nous, on est loin de la maman ou du papa top model, wonder woman/man qui pète le feu du matin au soir, qui sait se faire respecter par ses enfants sans broncher d'un sourcil et surtout, surtout, qui est capable d'endosser la fonction mère/femme (père/homme) en un rien de temps, au bon vouloir de tout le monde.

(Dites moi, il est ou ce couple parental ? Que je lui mette mon point dans la g***** !)

Etre parent, qu'est ce que ça signifie concrètement ?

  • A part ne plus savoir ce qu'est une grasse matinée.
  • Ne plus différencier son salon de la chambre du petit.
  • Revisiter ses recettes culinaires car les légumes sont à proscrire.
  • Préparer des petits-déjeuné en deux seconde chrono sans avoir eu le temps de réaliser qu'on a mit sa culotte à l'envers.
  • Être réveillé à deux heure du matin parce que finalement, c'était pas ce jouet là qu'il voulait au magasin.
  • Ne plus sortir de la maison sans la panoplie des sacs de survie.
  • Ne plus oser picoler un coup ou deux parce que le petit pourrait nécessiter notre attention.
  • Ne plus faire l'amour quand bon nous semble parce qu'il pourrait nous surprendre.
  • Ne pas parler trop fort parce qu'on pourrait le réveiller.

A part ça, c'est pas grand chose, ne vous inquiétez pas...

  • Être parent, c'est simplement faire attention à tout ce que l'on dit et ce que l'on ne dit pas.
  • Ne rien laisser trainer et penser à tout pour tout le monde mais rarement pour soi-même.
  • Dépenser des fortunes en baby-sitter pour avoir le luxe de s'octroyer deux heures de temps libre chez l'esthéticienne.
  • Passer sa vie à ranger, nettoyer, cuisiner, crier (entre nous, surtout crier).
  • Répondre à tout un tas de questions farfelues, chercher à expliquer, puis se fatiguer.
  • Perdre pied dans les explications, abandonner les explications, se résigner à ne pas trouver l'explication.
  • Prendre le réflexe d'essuyer la cuvette des toilettes avant même de faire pipi (oui, il est passé avant nous c'est évident).
  • S’interdir certains vêtements car "ce n'est plus de notre âge" (votre âge de parent, évidemment. Vous ne le saviez pas ? Mesdames, pour votre information, il y a un âge de maman à partir duquel vous ne pouvez plus être une femme désirable. Non ! Non, ce n'est pas autorisé par le code déontologique des parents).
  • S'empêcher d'être nous-même une bonne partie du temps pour tenter au mieux de le préserver de nos émotions "impulsives".
  • Garder toujours le sourire (même quand il fait un temps de pourri, qu'il a oublié son cartable à la maison et qu'on vient tout juste de ruiner nos nouveaux talons en marchant dans une énorme m**** de chien - la vie est parfois injuste).
  • Ne surtout pas ruminer ou encore lui faire la tête (chers parents, c'est un enfant, un peu neuneu je l'avoue mais tout de même, restons fairplay !).
  • Se mettre à côtoyer des endroits obscures où règnent des milliers d'êtres en son genre qui crient, se bagarrent ou rient.
  • Et rarement, des fois, (souvent) on pleure nerveusement en se demandant ce qui ne tourne pas rond chez nous et pourquoi est-ce si difficile quand on nous assure à la télé, dans les magasines ou chez les voisins, que c'est si simple pour les autres.

Culpabilité de parents, quand tu nous tiens...

La culpabilité c'est quand même LE sentiment qui habite bon nombre de parents consciencieux. En soi, se remettre en question est plutôt une bonne chose (une merveilleuse même) mais culpabiliser ? Elle n'est pas productive, jamais. Bien au contraire, c'est une forme de poison pure, injectée directement dans vos vaisseaux sanguins. Et vos artères, chers parents, ont grandement besoin d'amour pour nourrir votre coeur au rythme des tambours.

Et les parents, si on essayait de se rassurer un peu ?

Nous sommes des millions à croire que l'herbe est souvent plus verte chez le voisin mais croyez moi, c'est partout pareil. Oui, le même gazon pourrie et la même boue puante, en fait, la même m****.

Alors, si on arrêtait un peu de se flageller ?

Ah, j'entends quelque chose...

Mais qu'est ce que s'est ?

Notre ami le hérisson !

Quoi, qu'est ce que tu dis ?

Faites de votre mieux !

Un des quatre Accords Toltèques de Miguel Ruiz : fais de ton mieux !

-> Comment faire de mon mieux, lorsque je sens la colère me monter aux tripes et que je suis à deux doigts de jeter la prunelle de mes yeux par la fenêtre ?

  • Première étape : se rendre compte qu'on va trop loin. Trop loin dans les mots, le regard, l'émotion ou le geste.
  • Deuxième étape : R.E.S.P.I.R.E.R. profondément et assurément. Accueillir son émotion quelle qu'elle soit, en l’occurrence la colère, et lui dire intérieurement que certes, on l'a entendu, mais que là, ce n'est clairement pas la bonne façon de procéder pour être audible.
  • Troisième étape : expliquer pourquoi l'émotion a prit le dessus et quelles ont été les limites dépassées. 
  • Quatrième étape : se pardonner, indispensable.
  • Cinquième étape : demander pardon à son enfant, indispensable aussi.
  • Sixième étape : faire la paix.

La petite astuce qui change tout

Pourquoi ne pas décider ensemble d'un "mot magique" à utiliser en cas de besoin pour l'un comme pour l'autre (pour maman/papa si caprices, pour lui/elle si vous criez trop fort) ?

Personnellement, il m'arrive encore de me mettre dans une colère noire (souvent pour des raisons abjectes et généralement à cause d'une accumulation). Mais nos enfants, eux, ne réalisent pas ce que nous vivons au quotidien (le poids des responsabilités, notre patron qui nous e*****, notre homme/femme qui ne nous écoute pas assez et lui qui, cerise sur le gâteau, refuse d'aller se coucher).

Ils ne le comprennent pas, parce qu'ils ne le peuvent pas et heureusement pour eux ! Tentons au mieux de ne pas les utiliser comme expiatoire.

Soyons indulgents envers nous même et n'oublions pas pour autant l'enfant que nous étions.

Maureen Mellet

Coach en relation & hypersensibilité - Love coach - Thérapeute

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